Plasticiens
Les hommes debout – Bruce Clark, 2014
Le projet « Les Hommes debout » (Abantu Bahagaze Bemye in Kinyarwanda et Upright Men en anglais) s’inscrit dans le cadre d’une longue réflexion du plasticien Bruce Clarke suite au génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda. Répondant à une volonté de trouver des formes artistiques permettant un travail de mémoire, Bruce Clarke a créé un visuel fort pour marquer les lieux de massacres et ancrer l’histoire de ce crime dans la conscience collective.
L'idée est simple et puissante : il s’agit de peindre des hommes, des femmes et des enfants, debout et dignes, sur l’extérieur des lieux de mémoire au Rwanda et ailleurs dans le monde. Les figures, plus grandes que nature – jusqu’à 7 mètres de hauteur, apparaissent aux passants telles des silhouettes, esquissées mais affirmées, témoins d’une histoire douloureuse et symboles de la dignité des êtres humains qui ont été confrontés à la déshumanisation qu’implique ce génocide. L’intention est de redonner une présence aux disparus et de restaurer l’individualité des victimes, de rendre leur dignité aux disparus, aux survivants ainsi qu'à l'ensemble des Rwandais. « Les Hommes debout » incarnent l’affirmation d’un peuple qui reste debout ; ils disent aux passants qu’ici ont vécu et péri, des femmes, des enfants et des hommes dignes que nous n’oublierons pas.
En 2024, l’artiste réalise une nouvelle série, « Les femmes debout ». Si les femmes furent des victimes particulièrement touchées par la politique génocidaire, elles se révèlent être des actrices essentielles de la reconstruction et de la transmission de la mémoire post-génocide. Au cœur de la société rwandaise, les femmes « debout » résistent à toute forme de déshumanisation. Elle (re)tissent dans la dignité, les liens perdus. Elles sont celles par qui le Rwanda se (re)construit.
Projet « Debout. Be » - Muyira Arts et mémoire
Debout. Be est un projet porté par l’ASBL Muyira- Arts et Mémoire et basé sur le concept des Hommes debout de l’artiste plasticien Bruce Clarke. Vingt-cinq ans après le génocide au Rwanda, ce travail vise à perpétuer la mémoire des victimes. Le projet consiste à peindre de manière durable sur une façade bruxelloise une figure d’Homme debout et à organiser des animations culturelles et pédagogiques autour de l’œuvre.
Site internet : www.muyira.be/les-hommes-debout-belgique-2014
Jardin de la mémoire – Bruce Clark, 2019
« Dans l’immense tâche de reconstruction du Rwanda de l’après-génocide, sur le plan matériel mais aussi psychique, chaque secteur de la communauté a un rôle à jouer, y compris les artistes. »
Source : www.bruce-clarke.com/pages/Le-Jardin-de-la-M-moire/
Munana Gatera – Artiste
« Munana Gatera est un artiste autodidacte d’origine rwandaise qui réside en Belgique depuis de nombreuses années. Il est né au Burundi et a grandi entre le Rwanda, le Congo et la Belgique pour finalement s’installer ici vers l’âge de treize ans.
Avant de se lancer dans l’art, il a étudié la mode et travaillé comme mannequin, ce qui lui a permis de voyager et de remplir sa manne d’images et d’impressions du monde entier. Il a commencé à apprendre la peinture vers l’âge de 25 ans.
Il puise son inspiration de ses images de l’Afrique, de son histoire personnelle, de ses voyages et rencontres. »
Source :www.gatera.be/fr/
Rwanda – C215, 2015
« Le street artist français C215 est bien connu pour ses œuvres engagées. Habitué aux rues parisiennes, Christian Guemy alias C215, se lance dans un nouveau projet au Rwanda, un hommage aux Justes. « Juste » est le nom donné aux personnes qui ont sauvés des vies pendant le génocide de 1994 au Rwanda. Pour leur rendre hommage et éveiller la conscience collective (et celle des politiques) sur ce génocide, C215 a décidé de mener cette action artistique : peindre des portraits de ces héros, et de rescapés du génocide. »
Source : www.outsidezebox.com/2015/08/16/nouveau-projet-c215-au-rwanda-hommage-aux-justes/
Alexis Cordesse – Photographe
« Alexis Cordesse (Paris, 1971) est un photographe français dont les travaux abordent les thèmes de la représentation de la violence politique, de la mémoire, de l’identité ainsi que ceux de la frontière et de l’isolement. A travers une diversité de formes et de genres (paysages, portraits, images d’archives) sa démarche se nourrit d’une réflexion sur l’éthique du témoignage. Qu’il soit au cœur ou à distance de la violence du monde, Alexis pose un regard lucide et empathique sur notre humanité. »
Source : Biographie – Alexis Cordesse
Pièce de théâtre/Spectacles
Tout dépend du nombre de vaches - Uz & Coutumes, 2020
La compagnie française Uz & Coutumes créée, depuis plusieurs années, des spectacles relatifs à l’histoire et la mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda. « Tout dépend du nombre de vaches » à la particularité de s’adresser à un public d’enfants (à partir de 7 ans) et d’adultes grâce à l’installation d’un dispositif ingénieux et approprié à l’âge de chacun.
Site internet : https://www.uzetcoutumes.com/tout-depend-du-nombre-de-vaches/
Hate Radio – Milo Rau, 2013
« Puissante reconstitution des programmes diffusés par Radio Mille Collines qui joua un rôle central dans la propagation du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994, Hate Radio a durablement marqué ses spectateurs, depuis sa création en 2013. Dans un studio d’enregistrement basé à Kigali, DJ, journalistes et animateurs diffusent des appels au meurtre dans une ambiance bon enfant, entre deux morceaux de rumba congolaise et une chanson de Mireille Mathieu. Témoignage plus vrai que nature constitué à partir de l’écoute de milliers d’heures d’enregistrement, Hate Radio délivre l’effroyable sentiment de la banalité du mal sans pour autant délivrer de jugement. »
Rwanda 1994. Une tentative de réparation symbolique envers les morts à l’usage des vivants – Groupov, 2000
« Les années 1996 à 2005 du GROUPOV furent marquées avant tout par l’élaboration de RWANDA 94. Une tentative de réparation symbolique envers les morts à l’usage des vivants et sa tournée internationale : depuis sa présentation à l’état de Work in Progress au Festival d’Avignon 1999 et sa création au Théâtre de la Place à Liège,en 2000, ce spectacle a été présenté en Belgique, en France, à la Bonner Biennale en Allemagne, en Guadeloupe, au Festival de Théâtre des Amériques au Québec, en Italie, en Suisse et au Rwanda. Il a été couronné par de nombreux prix.»

Sur ma colline. Rwanda, mais avant ? Et puis après – Souâd Belhaddad, 2014
« Sur ma colline s’inspire de SurVivantes, dix ans après le génocide, qui retrace la genèse du génocide à travers le parcours personnel d’Esther, Tutsi née et grandie à la campagne.
L’histoire individuelle d’Esther « reine qui, cette fois, n’a pas sauvé son peuple » selon son aveu, relève d’une mémoire collective du Rwanda. A travers son témoignage, entre réalisme et poésie, elle invite le public à voyage dans un Rwanda ancestral et moderne à la fois d’avant ’94 où rites, traditions, croyances reliaient les uns et les autres, dans une culture commune. Aussi commune que l’impunité qui régnait à l’égard des Tutsi, officieusement d’abord puis officiellement discriminés. »
Source : www.cievivantes.wordpress.com/
La Cantate de Bisesero – Groupov, 2013
« En 1994, un génocide perpétré dans l’indifférence et la passivité générale se déroulait au Rwanda. En 2000, le spectacle Rwanda 94 est créé par le Groupov, un collectif d’artistes à Liège. Ce spectacle, conçu comme une tentative de réparation symbolique envers les morts à l’usage des vivants, était un choc théâtral, émotionnel et politique.
La Cantate de Bisesero en est la dernière partie ; elle relate la résistance héroïque des habitants de la région de Kibuye sur la colline de Bisesero où 50.000 Tutsi trouveront une mort atroce, mais pas sans avoir âprement lutté. Le livret se nourrit des témoignages des rescapés collectés par Rakiya Omar pour African Rights. La Cantate rend hommage aux victimes qui demeurent toujours anonymes et sans sépultures. Elle est prise en charge par un chœur de cinq comédiens dans un dispositif simple face au public, accompagnés d’un piano, un ensemble à cordes, une clarinette et deux chanteurs, sur une partition de Garrett List. »
Hewa Rwanda, lettre aux absents – Docy Rugamba/Majnun, 2024
« Trente ans après le traumatisme du génocide des Tutsis, la figure majeure du théâtre rwandais Dorcy Rugamba ouvre un espace de communion avec les absent·e·s. Accompagné du musicien sénégalais Majnun, ils mettent en place une singulière cérémonie pour sa famille disparue et pour les milliers de Tutsis fauchés par une indicible haine en 1994. Dans une lecture-spectacle délicate et bouleversante, tirée de son livre, il conjugue récits personnels et chants pour tracer un nouveau chemin vers celles et ceux qui ne sont plus.
Mû par l’héritage artistique et spirituel de son père poète et chorégraphe, Dorcy fusionne gestes et oralité, inventant une pratique vivante du devoir de mémoire. Afin de composer avec l’impensable, sa plume percutante s’enfonce au cœur du drame et trouve les mots qui apaisent. Dans son regard lucide mais serein se dessine un pays où la vie triomphe enfin. »
Source : www.festival-automne.com/fr/edition-2024/dorcy-rugamba-hewa-rwanda-lettre-aux-absents
Unwanted – Dorothée Munyaneza, 2017
« Dorothée Munyaneza a 12 ans quand, après avoir miraculeusement échappé au génocide, elle quitte le Rwanda. C'est une blessure qu'elle évoque et transforme une première fois dans Samedi Détente, en redonnant corps et voix à la force vitale de sa génération, anéantie par la violence. Avec Unwanted, la chorégraphe aborde l'histoire des femmes qui ont subi des viols. Viols comme des armes de destruction massive encore aujourd'hui utilisées dans des zones de conflit. Viols dont sont nés des enfants traumatisés par leur histoire filiale, ostracisés à cause du tabou de leur naissance. Pour écrire ces récits, Dorothée Munyaneza est allée à la rencontre de ces mères rejetées, de ces femmes blessées et leur a posé toujours la même question : « Vous êtes-vous acceptée ? » Contrechamps intime à l'Histoire, Unwanted est au coeur de l'indicible et la chorégraphe à l'énergie brute l'incarne sans pathos, ni faux-semblant accompagnée dans cet opus qui décloisonne les genres par le musicien improvisateur Alain Mahé, la musicienne Holland Andrews et le plasticien britannique Bruce Clarke... »
Source : www.festival-avignon.com/fr/edition-2017/programmation/unwanted-7243
Mawe – Muyira, 2024
« Mawe est un spectacle de lectures, de musiques et de chants qui revient sur un événement majeur de l’histoire contemporaine à travers le vécu des femmes face au génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda et ses conséquences.
Pendant les trois mois qu’a duré le génocide, Les femmes tutsi ont été une cible particulière de la déshumanisation des Tutsi et soumises à des actes d’une violence extrême en raison de leur genre. A la fin du génocide, elles ont pris part au long processus de reconstruction nationale avec, en filigrane, le défi de se reconstruire individuellement et de retisser le lien dans une société marquée par une violence de proximité. »
Source : www.muyira.be/
Une saison de machette – Adaptation théâtrale – Dominique Lurcel, 2024
« Dominique Lurcel adapte et met en scène le texte de Jean Hatzfeld, «Une saison de machettes», consacré au génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda.
Ils sont dix. Dix copains rwandais, hutu, cultivateurs. En trois mois, d’avril à juin 1994, ils ont massacré à la machette, « sans rien penser », tout ce que leur bourgade et les collines voisines comptaient de tutsi, près de cinquante mille, hommes, femmes, enfants, leurs « avoisinants », avec qui ils avaient précédemment partagé bancs de classe et d’église, soirées arrosées et matchs de foot.
Au début des années 2000, Jean Hatzfeld les a rencontrés dans la prison où ils purgeaient leurs peines : ils ont raconté calmement, placidement, d’une voix posée, presque neutre. »
Source : www.epeedebois.com/un-spectacle/une-saison-de-machettes/
Romans graphiques
Rwanda, à la poursuite des génocidaires – Thomas Zribi, Damien Roudeau, 2023
Résumé : « Rwanda, à la poursuite des génocidaires raconte le travail d'enquête d'Alain et Dafroza Gauthier qui traquent depuis plus de 20 ans les génocidaires rwandais cachés en France. Les proches de Dafroza ont été décimés en 1994 alors qu'elle vivait à Reims avec son mari et ses 3 enfants. Le couple a rapidement réalisé que des tueurs avaient trouvé refuge en France et a décidé de tout faire pour que la justice soit rendue. Plusieurs fois par an, Alain et Dafroza se rendent au Rwanda pour récolter des preuves et des témoignages permettant d'ouvrir des informations judiciaires menant, en principe, à des procès. Mais ils rencontrent des obstacles innombrables : la lenteur de la justice, les hésitations politiques, les menaces, l'épuisement. Cet album, à travers leur histoire, permet de comprendre non seulement le déroulé du génocide, sa préparation, sa mise en place, mais aussi de prendre conscience de l'injustice française : alors que l'on estime qu'entre 200 et 400 génocidaires présumés vivraient sur notre sol, la France refuse de les extrader vers le Rwanda tout en mettant des années, parfois des dizaines d'années, à les juger elle-même.
Cet album est avant tout une histoire humaine. Celle d'un couple ordinaire Dafroza et Alain Gauthier qui a décidé de consacrer toute sa vie et toute son énergie à la lutte pour la justice. Alain le dit lui-même : "depuis 1994, il n'est pas un jour où nous n'avons pas prononcé le mot 'génocide''. »
La fantaisie des Dieux – Rwanda 1994 : au cœur du génocide – Hippolyte, Patrick de Saint-Exupéry, 2024
Résumé : « Il n'y avait plus de mots. Juste ce silence. Épais, lourd. C'était un génocide, le troisième du XXe siècle, celui des Tutsi du Rwanda. Il faisait beau, il faisait chaud. Nous avions pénétré le monde du grand secret. Sur les collines de Bisesero, des instituteurs tuaient leurs élèves, des policiers menaient la battue. C'était la " grande moisson ". François Mitterrand niait " le crime des crimes ". Comment raconter ? »
Déogratias – Stassen, 2000
Résumé : « Un chien terrorisé par la nuit. Dépenaillé, les yeux brûlants de fièvre, Déogratias erre dans les rues de Butare, au Rwanda. Déogratias, pauvre fou, a besoin d'urwagwa, toujours plus d'urwagwa, la bière de banane. Pour oublier. Pour oublier qu'il n'est plus qu'un chien terrorisé par la nuit. Pour oublier les cauchemars qui le hantent. Pour oublier que lui, le Hutu, a lâchement assassiné les femmes Tutsi qu'il aimait. Mais peut-on effacer de son esprit et de son corps la trace poisseuse du sang et le goût salé des larmes ? »
Rwanda 1994 : descente aux enfers – Alain Austini, Cécile Grenier & Pat Masioni, 2005
Résumé : « Rwanda, 1994, entre avril et juillet, 100 jours de génocide...
Celui que l'on appelle le « dernier génocide du siècle » s'est déroulé dans un tout petit pays d'Afrique, sous les yeux du monde entier, sous le joug des politiques internationales, et sous les machettes et la haine de toute une partie de sa population. Sur 6 millions de Rwandais d'alors, 1,5 millions de personnes ont été exterminées pour le seul fait d'appartenir à l'ethnie « Tutsi » : hommes, femmes, enfants, vieillards, nouveaux nés...
De cette tragédie historique, suite à plusieurs années de recherche dont sept mois passés au Rwanda pour récolter des témoignages, nous avons tiré une histoire basée sur des faits réels. Rwanda 1994, Descente en enfer, nous fait plonger en une vie ordinaire qui bascule dans l'horreur. Mathilde, rwandaise, mère de trois enfants, se retrouve seule pour affronter l'inimaginable et tenter de sauver ses enfants. Elle nous transporte pendant des jours et des nuits de cachette en cachette, de drames en espoirs, à travers les premiers moments du génocide. »
Petit pays – Gael Faye, Sylvain Savoia & Marzena Sowa, 2021
Résumé : « Exilés du Rwanda au Burundi, Gaby et Ana, enfants métis franco-rwandais, voient leur quotidien joyeux bousculé par la guerre civile. Alors que leur famille se déchire, le génocide des Tutsi au Rwanda voisin vient mettre un terme à leur innocence. À hauteur d'enfant, l'adaptation du roman de Gaël Faye menée par Marzena Sowa et Sylvain Savoia est aussi poignante que réussie. »
Full Stop. Le génocide des Tutsi au Rwanda – Frédéric Debomy & Emmanuel Prost, 2019Résumé : « Rwanda, février 2017. Près de 25 ans après le génocide perpétré contre les Tutsi, Frédéric Debomy décide de se rendre sur place pour récolter les témoignages de certains rescapés, en compagnie d’Emmanuel Prost qui croque ces échanges sur le vif.